Wall Street : forte hausse attendue à l'ouverture
Après un WE prolongé de 3 jours...
Wall Street est très bien orienté en pré-séance, les investisseurs restant optimistes quant à un accord imminent pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, malgré de nouvelles attaques américaines contre l'Iran qui ont fait grimper les prix du pétrole. L'enthousiasme continu autour de l'IA soutient une nouvelle fois le compartiment technologique après un long WE de trois jours outre-Atlantique. Le Dow Jones est devenu vendredi le dernier indice à atteindre un niveau record, le premier depuis le début de la guerre avec l'Iran, tandis que le S&P 500 a enregistré sa plus longue séquence haussière depuis décembre 2023.
L'armée américaine a donc effectué des frappes sur le sud de l'Iran, ciblant des sites de lancement de missiles et des navires iraniens qui tentaient de poser des mines, tout en exprimant sa volonté de faire preuve "de retenue" dans le cadre de la trêve annoncée il y a près de sept semaines. Les autorités américaines ont qualifié ces attaques de défensives, entretenant ainsi l'espoir de négociations après que le président Donald Trump a déclaré lundi que les pourparlers "progressaient bien". Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a lui affirmé ce jour que l'accord pourrait prendre quelques jours.
"L'optimisme reste de mise quant à la possibilité de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre", indique à 'Bloomberg' Jim Reid, responsable de la recherche et de la stratégie thématique chez Deutsche Bank. "On a le sentiment, depuis quelque temps, que le chemin vers la paix se fait par à-coups. L'action ciblée de la nuit dernière est un signal d'alarme clair : le cessez-le-feu est fragile. Il faudra donc attendre les prochains jours de négociations pour en savoir plus".
Les marchés font preuve aujourd'hui d'un optimisme prudent, se concentrant uniquement sur la planification d'une issue à cette guerre, tout en sachant qu'il faudra un certain temps pour que les prix de l'énergie et l'inflation reviennent à la normale, souligne Art Hogan, stratège en chef des marchés chez B Riley Wealth.
Sur le marché obligataire, l'écart entre les rendements US à 5 ans et à 30 ans - un indicateur très suivi de la prime exigée par les investisseurs pour les obligations à long terme - s'est resserré à 81 points de base vendredi, son plus bas niveau depuis mai 2025, avant de rebondir à environ 83 points de base à la reprise des échanges au comptant après le long week-end de l'autre côté de l'Altantique. Les investisseurs anticipent de plus en plus un resserrement de la politique monétaire de la Fed alors que la guerre en Iran a provoqué la plus forte hausse de l'inflation depuis 2023, incitant plusieurs responsables à revoir leur position. D.Trump, qui a maintes fois fait pression sur la Fed pour qu'elle baisse les taux, a déclaré vendredi souhaiter que son nouveau boss, Kevin Warsh, dirige la Banque centrale en toute indépendance.
"Le marché semble continuer d'anticiper une désescalade au Moyen-Orient, malgré quelques frappes chirurgicales ponctuelles des États-Unis", souligne Chris Turner, responsable de la stratégie de change chez ING. "Les marchés boursiers mondiaux poursuivent leur progression, même si le dollar reste bien soutenu. Cela pourrait s'expliquer par l'idée, de plus en plus répandue, que la Fed adoptera temporairement une position plus restrictive pour endiguer ce choc inflationniste".
Du côté des indicateurs économiques du jour, l'Indice de confiance des consommateurs du Conference Board (16H) pour le mois de mai est à suivre à 16H après que l'indice régional de la Fed de Chicago (14h30) eut agréablement surpris en avril. Mais la grosse journée est prévue jeudi avec la deuxième estimation du PIB du premier trimestre, les revenus et dépenses des ménages du mois d'avril ainsi que le très important indice des prix PCE rattaché, sans oublier les ventes de logements neufs d'avril et les commandes de biens durables du même mois.
Dans l'agenda micro de la semaine, les résultats d'AutoZone (mardi), de Marvell Technology, Salesforce et Snowflake (mercredi) seront à surveiller avant ceux de Costco Wholesale, Dell Technologie et Autodesk (jeudi).
Sur le marché pétrolier, les deux références mondiales évoluent en ordre dispersé après les dernières attaques américaines en Iran. Le WTI (contrat juillet) recule de plus de 4% à 92,5$, tandis que le baril de Brent prend 3% à 99$. L'indice dollar recule de 0,15% face à un panier de devises de référence et le bitcoin redonne 0,4% à 77.050$.
Les valeurs
* Ferrari abandonne plus de 2% en pré-séance à New York après la présentation lundi soir de sa première voiture entièrement électrique. La 'Luce', nouveau modèle quatre portes, dont le nom signifie "lumière" en italien, a été développé avec la participation de l'ancien directeur du design d'Apple, Jony Ive, et de son collectif LoveFrom. La Luce constitue également une première pour Ferrari avec une configuration cinq places, pensée pour une clientèle familiale très aisée à la recherche d'un véhicule alliant confort, technologie et prestations haut de gamme. Affichée à partir de 550.000 euros, la Luce sera livrée à partir du quatrième trimestre 2026. Le modèle dispose notamment d'un coffre de 600 litres, de sièges spacieux et d'un habitacle mêlant cuir, verre et aluminium anodisé. Ferrari a également choisi de conserver plusieurs commandes physiques, à rebours de l'approche entièrement tactile popularisée par Tesla et certains constructeurs chinois spécialisés dans les véhicules électriques.
* Eli Lilly & Co a conclu un accord pour acquérir trois sociétés spécialisées dans le développement de vaccins pour un montant total pouvant atteindre environ 3,8 milliards de dollars, marquant ainsi son retour sur le marché des maladies infectieuses. Les accords conclus avec Curevo, LimmaTech Biologics et The Vaccine Company donnent à Lilly accès à des vaccins contre le zona, les agents pathogènes bactériens courants et le virus d'Epstein-Barr, selon un communiqué. Ces trois transactions comprennent un paiement initial et des paiements ultérieurs liés à la réalisation de certains jalons cliniques et commerciaux. Fort des revenus générés par ses médicaments à succès contre l'obésité, le groupe pharmaceutique diversifie ses activités dans d'autres domaines thérapeutiques, comme la thérapie génique, afin de développer son portefeuille de produits.
* Alphabet. L'Union européenne envisage d'infliger à Google, filiale d'Alphabet, une amende de plusieurs centaines de millions d'euros dans le cadre d'une enquête antitrust, a rapporté lundi le 'Handelsblatt', citant des sources au sein de la Commission européenne. Il s'agirait de la sanction la plus sévère jamais infligée à ce jour par l'UE pour violation de son règlement sur les marchés numériques (DMA), selon le journal allemand. Cette procédure s'inscrit donc dans le cadre du DMA, le règlement européen visant à encadrer les pratiques des géants technologiques et à limiter leur pouvoir de marché. Ouverte officiellement en mars 2025, l'enquête porte sur des soupçons selon lesquels Google favoriserait ses propres services dans les résultats de recherche, au détriment de concurrents.
* NVIDIA. Jensen Huang, le directeur du groupe américain, a déclaré samedi que ses prévisions concernant un marché des processeurs évalué à 200 milliards de dollars incluaient la Chine, ce qui indique que Nvidia continue de miser sur une forte demande à long terme dans ce pays, malgré les tensions technologiques persistantes entre Washington et Pékin.
* PONY AI s'envole de 10% en avant-Bourse. La société chinoise, qui développe des technologies de conduite autonome, a annoncé vouloir porter sa flotte de robotaxis à 3.500 véhicules d'ici la fin de l'année, contre plus de 1.700 actuellement, soit une augmentation de 16,7% par rapport à un objectif initial de 3.000.
* AutoZone perd du terrain en pré-séance, sanctionné après la publication des résultats du troisième trimestre. Le distributeur de pièces automobiles a réalisé sur son troisième trimestre un bénéfice net trimestriel de 641,49 millions de dollars, soit 38,07 dollars par action, pour un chiffre d'affaires de 4,84 milliards de dollars, en hausse de 5,5% en comparable contre 5,79% de consensus. Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice de 36,19$ par action pour des revenus de 4,83 Mds$. La marge brute du distributeur s'est effritée de 52,7% à 52,2% en raison d'une charge d'inventaire hors trésorerie, malgré des améliorations sous-jacentes.
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