7 964.51 PTS
-0.89 %
7 935.0
-1.24 %
SBF 120 PTS
6 038.41
-0.88 %
DAX PTS
25 199.19
-0.79 %
Dow Jones PTS
50 906.05
-0.86 %
30 408.50
+0.23 %
1.133
+0.03 %

Maricarmen, expulsée à 87 ans de son appartement à Madrid, visage de la crise du logement

| AFP | 361 | Aucun vote sur cette news
Un immeuble sous le coup d'une procédure d'éviction de ses occupants, à Barcelone, en Espagne, le 31 janvier 2025
Un immeuble sous le coup d'une procédure d'éviction de ses occupants, à Barcelone, en Espagne, le 31 janvier 2025 ( Josep LAGO / AFP/Archives )

Sur un brancard, les traits tirés, Maricarmen, 87 ans, dit adieu à son domicile : la Madrilène, expulsée mercredi, est devenue le visage de la crise du logement en Espagne, où les prix ne cessent d'augmenter, alimentant le débat politique à quelques mois des législatives.

Après plusieurs années de bataille juridique, cette retraitée a finalement perdu face à une agence immobilière qui avait acquis l'appartement qu'elle occupait depuis 70 ans dans le quartier huppé du Retiro et augmenté son loyer mensuel de 275%, à 2.650 euros.

Malgré un dernier recours infructueux devant le Tribunal suprême, Maricarmen a été contrainte de quitter son logement, suscitant une vague d'indignation nationale.

"Maricarmen, vous n'êtes pas seule !", ont scandé des dizaines de manifestants réunis devant son domicile, alors que l'octogénaire, qui se déplace en fauteuil roulant, était transportée jusqu'à une ambulance.

Explosion des prix

L'immeuble abritant un appartement-terrasse acquis par le gouvernement régional de Madrid pour 6,3 millions d'euros, sous l'administration de la présidente régionale Isabel Diaz Ayuso (PP), à Madrid, le 30 août 2026
L'immeuble abritant un appartement-terrasse acquis par le gouvernement régional de Madrid pour 6,3 millions d'euros, sous l'administration de la présidente régionale Isabel Diaz Ayuso (PP), à Madrid, le 30 août 2026 ( Thomas COEX / AFP/Archives )

Le cas de cette octogénaire illustre de façon brutale la crise du logement qui frappe l'Espagne, où les locations touristiques de courte durée, comme Airbnb, et les "fonds vautours" sont accusés de faire flamber les prix et de réduire l'offre.

En 10 ans, le prix moyen du mètre carré à la location dans le pays a presque doublé, atteignant 15,1 euros/m2 en août, selon le portail immobilier Idealista. À l'achat, il s'établit désormais à 2.355 euros, une hausse de plus de 50% sur la même période, d'après des chiffres officiels.

Madrid concentre tout particulièrement ces tensions : placée en 2025 et 2026 en tête de son classement mondial des villes prisées pour l'immobilier de luxe par le réseau Barnes, la capitale espagnole a un parc social si restreint que certains appartements sociaux sont attribués par loterie.

D'après une étude publiée mercredi par l'association de consommateurs OCU, il est désormais "extrêmement difficile" de trouver à Madrid, comme à Barcelone, un appartement pour un loyer inférieur à 700 euros par mois.

"Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par des milliers de personnes et souligne la nécessité d'accroître l'offre de logements locatifs abordables", plaide l'OCU dans un communiqué.

"Tragédie sociale"

Face à une crise devenue la principale préoccupation des Espagnols, notamment chez les jeunes, tous les regards sont tournés ces dernières heures vers le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez et les autorités de la région de Madrid, dirigée par la droite (Parti populaire, PP).

En Espagne, pays très décentralisé, ce sont ces dernières qui sont compétentes en matière de politique du logement au niveau local. De quoi alimenter les critiques de l'exécutif envers l'opposition.

"C'est une tragédie sociale que nous ne pouvons pas accepter", a ainsi tancé Pedro Sánchez depuis New York, où l'histoire de Maricarmen a largement accaparé sa conférence de presse juste avant son discours devant l'assemblée générale de l'ONU.

Le dirigeant socialiste a directement pointé du doigt la présidente conservatrice de la région madrilène, Isabel Díaz Ayuso, accusée par la gauche depuis plusieurs mois d'avoir fait acheter, avec des fonds publics, un luxueux appartement avec terrasse dans le centre-ville de Madrid pour son usage personnel, ce qu'elle nie.

Dans la soirée de mercredi, plusieurs milliers de personnes ont symboliquement manifesté sous les fenêtres de ce logement, mais aussi à Barcelone et Oviedo.

Jeudi, Isabel Díaz Ayuso a contre-attaqué en rappelant que l'expulsion de Maricarmen résultait d'une "décision de justice", et en accusant le gouvernement central de "n'avoir rien fait en huit ans" au pouvoir pour modifier la loi.

"Dans un contexte d'inflation et de perte de pouvoir d'achat", "cette situation n'aide ni l'opposition ni le gouvernement", observe Guillermo Fernández-Vázquez, professeur à l'université Carlos III de Madrid.

Pour l'exécutif, "cela met en lumière l'échec de toutes ses politiques de logement" depuis 2018, dit-il à l'AFP, tandis que "le PP a tout intérêt à ce qu'on cesse de parler de l'appartement de Mme Ayuso".

À quelques mois des élections législatives, Pedro Sánchez a promis de présenter "d'urgence" un nouveau texte au Parlement.

Mais sans majorité et affaibli par de multiples affaires judiciaires, le chef du gouvernement demeure sous la pression de l'opposition et de ses alliés dans l'hémicycle, comme le parti de gauche radicale Sumar, qui appelle à "geler les loyers".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du jeudi 24 septembre 2026 au mercredi 30 septembre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 26/09/2026

Un manifestant tient une pancarte portant l'inscription « Droit à un toit à un prix équitable » lors d'une manifestation contre les expulsions et la crise du logement sur la Puerta del Sol à…

Publié le 25/09/2026

Le président américain Donald Trump parle lors du dîner de gala en l'honneur du président chinois Xi Jinping, le 24 septembre 2026 à la Maison Blanche, à Washington ( Brendan SMIALOWSKI /…

Publié le 23/09/2026

Un rapport propose de renforcer le rôle, mais aussi les obligations, des mutuelles de santé ( DENIS CHARLET / AFP/Archives )L'optique, les transports sanitaires, voire les premiers jours…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 30/09/2026

Le CAC40 cash a clôturé la séance en baisse 0,53% à 8 035,87 points dans un volume moyen de 3.120 MD€.

Publié le 30/09/2026

(Zonebourse.com) - Alphabet a présenté Gemini 4 Argon, son nouveau modèle d'intelligence artificielle destiné à renforcer ses performances dans la programmation, la cybersécurité et les tâches…

Publié le 30/09/2026

Le règlement-livraison des obligations devrait intervenir le 7 octobre 2026...

Publié le 30/09/2026

Résultats du S1 2026 Au S1 2026, Redelfi a publié des résultats en ligne avec nos attentes. La valeur de la production (VdP) est ressortie stable à 16,1 M€ (+1,2%…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

WEBINAIRE

Comment se protéger vs profiter de l'Inflation ?

Lundi 5 octobre 2026 à 14h