Présidentielle: Wauquiez porte un coup à la candidature de Retailleau en tendant la main à Philippe
Laurent Wauquiez a porté un coup mercredi aux ambitions élyséennes de Bruno Retailleau en l'appelant sans le nommer à "savoir se retirer" si sa candidature ne décolle pas dans les sondages, tout en tendant la main à Edouard Philippe, apte à ses yeux à "incarner l'ordre et le sérieux".
Ce n'est pas un ralliement en bonne et due forme, mais ça y ressemble. Dans Le Figaro, Laurent Wauquiez dit d'un côté tout le bien qu'il pense de l'ancien Premier ministre et actuel patron d'Horizons, tout en l'incitant à rompre avec la macronie et à dévoiler son programme.
De l'autre, il souligne que Bruno Retailleau, le candidat de sa propre famille politique, Les Républicains, n'atteint pas les 10% dans les sondages et assure qu'il "faut savoir se retirer", sans mentionner directement le nom de son rival au sein du parti.
Le patron des députés LR monte à nouveau au créneau pour brandir la menace d'un second tour entre LFI et le RN. Et, convaincu que LR "ne gagnera pas seul", il lance un nouvel appel à l'union des trois candidats de la droite et du centre: Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau.
Mais dans ses déclarations, il fait un pas supplémentaire vers le patron d'Horizons, le mieux placé dans les sondages. Il s'était déjà affiché le mois dernier tout sourire à ses côtés lors du congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse.
"Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France", affirme le patron des députés LR, dont une grande partie a soutenu à l'automne la participation des Républicains au gouvernement de Sébastien Lecornu contre les consignes de Bruno Retailleau.
"La question est de savoir ce qu’il veut faire pour reconstruire la France", relève-t-il, appelant l'ancien Premier ministre à ne pas tarder à dévoiler le programme qu'il entend porter à la présidentielle.
"On ne peut pas se contenter de dire qu’on va faire barrage contre les extrêmes car on ne gagne pas une élection sur un rejet", estime-t-il. "Il faut gagner sur un projet", souligne celui qui a été battu l'an dernier par Bruno Retailleau lors d'une élection interne à la présidence des Républicains.
- "Jamais de la vie" -
Le député de Haute-Loire, qui a eu des relations tendues dans le passé avec Edouard Philippe, a la dent dure avec le patron de LR, dont il reconnaît pourtant la légitimité de sa candidature à l'Elysée, soutenue ce printemps par près de 75% des adhérents du parti.
Laurent Wauquiez, partisan d'une primaire ouverte désormais peu probable pour désigner un candidat unique de la droite et du bloc central à la présidentielle, martèle son appel à éviter des candidatures dispersées.
"Si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d’éliminer un candidat de droite et permis la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour", prévient-il. "Jamais de la vie je ne participerai à cela".
Laurent Wauquiez figurait parmi les absents lors du premier grand meeting de Bruno Retailleau à Paris le 20 juin, ainsi que de nombreux députés et les six membres du gouvernement suspendus de LR après leur participation à l'équipe Lecornu.
Il n'entend pas non plus s'afficher au premier rang de celui d'Edouard Philippe dimanche à Paris.
"J’ai fait le choix de ne pas soutenir un candidat qui ne serait pas celui du rassemblement", souligne-t-il, "Je veux préserver le poids politique qui est le mien pour être ce guerrier du rassemblement".
Au passage, Laurent Wauquiez dit aussi du bien de Gabriel Attal: "Je l’aime beaucoup", assure-t-il, mais tout en regrettant que son projet ne soit pas "celui de porter le rassemblement de la droite et du centre".
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