Jean-Luc Mélenchon, la force tranquille en campagne
Chi va piano va sano. D'habitude si critiques des sondages, les Insoumis ont accueilli avec joie le dernier baromètre Odoxa qui donne leur candidat Jean-Luc Mélenchon au coude-à-coude avec Édouard Philippe pour la qualification au second tour de la présidentielle.
Selon ce sondage paru mardi -et qui ne teste pas Gabriel Attal- le quadruple candidat à la présidentielle est en hausse avec 16% d'intentions de vote au premier tour, à un petit point du maire du Havre.
Une augmentation de quatre points en deux mois.
Les Insoumis voient cependant d'un très bon œil cet "horoscope sondagier", comme l'a appelé la vice-présidente de l'Assemblée nationale Clémence Guetté, car ils se considèrent sous-estimés par les sondages.
La raison tient dans le fait qu'une bonne partie de l'électorat LFI, jeune et populaire, s'intéresse aux scrutins peu de temps avant l'échéance et est mal prise en compte, disent-ils, par les sondeurs. Une base que LFI a consolidée aux dernières élections.
Raison de plus pour les Insoumis d'espérer: aux deux dernières présidentielles, leur champion n'avait fait que progresser dans les sondages avant de finalement finir à 19,6% (2017) et 22% (2022). Même si rien n'indique que cette progression linéaire se reproduira en 2027.
"En 2022, Odoxa avait attendu le 7 avril pour sonder Jean-Luc Mélenchon à 16%. Celui-ci avait finalement réalisé 22% des voix (6 points de plus) 3 jours plus tard", a rappelé mardi le coordinateur du mouvement Manuel Bompard.
"La fiabilité de ce sondage est relative, la capacité de cet institut à nous sous-estimer est prouvée", abonde auprès de l'AFP le cadre et député Paul Vannier.
"Mais il confirme un tas de signaux que nous constatons depuis le début de la campagne, notamment l'ampleur et la rapidité avec laquelle la candidature de Jean-Luc Mélenchon a été soutenue par les citoyens", abonde-t-il.
Plus de 280.000 personnes ont déjà soutenu -symboliquement- en ligne la candidature du fondateur de LFI, qui est passé en mode "présidentielle" et polit sa communication.
La semaine dernière, quand la barre des 270.000 parrainages a été franchie, Manuel Bompard pointait qu'environ 60% d'entre eux n'étaient pas des militants insoumis.
Pour l'occasion, le bras droit et directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon a écrit une note de blog intitulée "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", référence à la fable La Fontaine "Le Lièvre et la Tortue" dont s'inspirent les Insoumis - leur leader se décrivant souvent comme une "tortue sagace".
"Force" et "maîtrise"
La formule du patriarche insoumis à l'occasion de son lancement - "c'est carré" - semble avoir également donné le la.
"Chez Mélenchon, il y a un effet début de campagne qui fonctionne. C'est-à-dire qu'à partir du moment où il rentre en campagne, les sympathisants de gauche disent qu'au moins il y a un candidat de gauche identifié. Et puis il commence à parler en se mettant justement directement en scène contre le Rassemblement national", analyse auprès de l'AFP Céline Bracq, la directrice générale d'Odoxa.
"Il fait une très bonne entrée en campagne. Il a un narratif, des troupes très bien structurées et caporalisées", loue même une ministre.
"Nous avons une assise déjà forte et nous sommes en maîtrise du calendrier", résume le député Paul Vannier.
Le premier vrai test pour Jean-Luc Mélenchon, relativement discret depuis son lancement de campagne, sera le 7 juin, pour son premier meeting, à Saint-Denis, ville vitrine de la "Nouvelle France" qu'il ne cesse de vanter.
En attendant, charge au reste de la gauche de s'organiser.
Car l'Insoumis compte sur le contraste avec le reste d'une famille engluée dans la question de la participation, ou non, à une primaire et où Raphaël Glucksmann peine encore à s'imposer comme une alternative sociale-démocrate aux Insoumis.
"Cette annonce de candidature a accéléré la crise dans le reste de la gauche, rendant encore plus visible son incapacité à créer un candidat crédible avec un programme", appuie Paul Vannier.
Rester à voir comment Jean-Luc Mélenchon pourrait l'emporter au second tour face au Rassemblement national.
Si le dernier sondage Odoxa ne testait pas cette configuration, tous les précédents donnaient l'Insoumis largement battu par l'extrême droite.
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