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Wall Street retombe... avec OpenAI !

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En attendant la Fed et les 'Magnificent Seven'

Wall Street retombe... avec OpenAI !
Credits Reuters

La place américaine fléchit lourdement avant bourse ce mardi, alors que la situation s'enlise en Iran et que les opérateurs attendent prudemment les annonces de la Fed ainsi que les publications de cinq des 'Magnificent Seven'. OpenAI sème par ailleurs le doute dans le secteur de l'IA, le Wall Street Journal affirmant que le groupe de Sam Altman n'aurait pas atteint certains de ses objectifs. Le Nasdaq 100 perd 1,1% en pré-séance et le S&P 500 cède 0,5%, alors que le Dow Jones surnage dans le vert.

Wall Street avait terminé vendredi sur les chapeaux de roues, dopé en particulier par le compartiment des semi-conducteurs. La situation n'a cependant pas vraiment évolué concernant l'Iran et le détroit d'Ormuz demeure bloqué. Téhéran a mis en avant des propositions en vue d'un accord de paix, et la réaction de l'administration Trump s'est révélée négative pour l'heure. Le président américain s'est montré insatisfait de la dernière "offre" formulée par Téhéran pour mettre fin à un conflit qui dure depuis deux mois. Au coeur du désaccord figure la question nucléaire. La proposition iranienne prévoit de repousser toute discussion sur son programme nucléaire à l'issue des hostilités, une approche jugée inacceptable par Washington. L'administration américaine insiste au contraire pour que ce dossier soit traité dès l'ouverture des négociations, un point qui aurait suscité l'agacement du président américain lors d'une réunion avec ses conseillers.

La Maison Blanche campe sur ses positions. Alors que Washington cherche à mettre un terme à la guerre lancée fin février dernier aux côtés d'Israël, "les Etats-Unis "ne négocieront pas par voie de presse" et ils ont "clairement défini leurs lignes rouges", a souligné la porte-parole, Olivia Wales. Ce blocage intervient dans un contexte diplomatique déjà fragilisé. Une tentative de relance des discussions a été compromise après l'annulation d'une visite prévue à Islamabad de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a multiplié les déplacements, notamment à Oman puis en Russie, où il a rencontré Vladimir Poutine et obtenu le soutien d'un allié de longue date.

L'Iran a présenté de nouvelles propositions visant à lever le blocus du détroit d'Ormuz et à mettre fin à la guerre, mais entend reporter les négociations nucléaires à une date ultérieure. Les propositions ont été présentées par l'intermédiaire des médiateurs pakistanais. Les efforts pour reprendre les pourparlers de paix ont été bloqués ce week-end, les deux parties faisant marche arrière. Trump a précisé que la position iranienne l'avait conduit à annuler le voyage au Pakistan de ses envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner. Le blocus du détroit d'Ormuz décrété mi-avril vise quant à lui à contraindre l'industrie pétrolière iranienne à se préparer à l'arrêt total de sa production, une fois ses capacités de stockage épuisées, ce qui théoriquement permettrait à Trump de faire accepter un accord plus favorable.

Les cours du brut repartent à la hausse, le baril de brut WTI s'accordant 3,6% à 99,8$ ce jour et le Brent de la mer du Nord 2,6% à 104,4$. Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi leur retrait de l'OPEP et de l'OPEP+, un coup dur pour ces deux groupes de pays exportateurs de pétrole et pour l'Arabie saoudite, leur chef de file, à un moment où la guerre en Iran a provoqué un choc énergétique historique et déstabilise l'économie mondiale. "Cette décision fait suite à un examen approfondi de la politique de production des Émirats arabes unis et de leurs capacités actuelles et futures, et elle est fondée sur notre intérêt national et notre engagement à contribuer efficacement à répondre aux besoins urgents du marché", a déclaré le ministère de l'Énergie des Émirats arabes unis.

Sur le front économique ce jour, les opérateurs surveilleront les indices américains des prix des maisons FHFA et S&P Case-Shiller (15 heures), ainsi que l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board et que l'indice manufacturier de la Fed de Richmond (16 heures).

Demain, l'actualité sera chargée, avec les commandes de biens durables, les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international de biens, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques, et bien entendu le verdict monétaire de la Fed et la conférence de presse de son patron Jerome Powell. Jeudi, les marchés suivront les chiffres du PIB du premier trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les revenus et dépenses des ménages, l'indice du coût de l'emploi, l'indice PMI de Chicago et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. Enfin, vendredi, l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier seront connus.

La Fed rend donc son verdict demain soir à 20 heures sur les taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,50 et 3,75% est de pratiquement 100%. Le même outil montre une forte probabilité (plus de 73%) de statu quo jusqu'à la fin de l'année, alors que l'hypothèse d'un assouplissement d'un quart de point affiche une 'proba' de 23,3%.

Pendant ce temps, le sénateur Thom Tillis a annoncé qu'il levait son blocage de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, estimant que la décision du ministère de la Justice de clore l'enquête pénale visant le président de la Fed, Jerome Powell, levait une menace pour l'indépendance de la banque centrale. Cette décision du sénateur républicain de Caroline du Nord ouvre selon Bloomberg la voie à une confirmation rapide de Warsh pour succéder à Powell, dont le mandat s'achève le 15 mai. Tillis a déclaré avoir reçu l'assurance du ministère de la Justice que l'affaire pénale contre Powell et la Fed était "entièrement et définitivement close", tandis que l'inspecteur général de la Fed poursuit une enquête distincte sur les dépassements de coûts liés à la rénovation du bâtiment de la banque centrale... Warsh, qui a comparu devant la commission bancaire du Sénat la semaine dernière lors d'une audition de confirmation, bénéficie d'un large soutien parmi les élus républicains.

Par ailleurs, la saison des publications financières trimestrielles bat son plein outre-Atlantique. Verizon, Cadence Design Systems, Public Storage ou Nucor annonçaient hier soir. Visa, Coca-Cola, T-Mobile US, Welltower, Corning, Booking Holdings, S&P Global, Seagate Technology, Starbucks, Spotify, Waste Management, UPS, Sherwin-Williams, American Tower, Ecolab, Hilton Worldwide, Robinhood, Mondelez, General Motors, Paccar, Teradyne, NXP Semiconductors ou encore Sysco, publient ce jour.

Quatre des 'Magnificent Seven' dévoilent leurs comptes demain soir. Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta retiendront ainsi toute l'attention des marchés. AbbVie, KLA, Qualcomm, Amphenol, Equinix, Carvana, General Dynamics, Regeneron, ADP, Ford, Garmin, Allstate, eBay, GE HealthCare, Teva, Biogen, Cognizant, Chipotle Mexican Grill ou Yum! Brands, publient également mercredi.

Apple sera en vedette jeudi soir. Eli Lilly, Mastercard, Caterpillar, Merck, Amgen, ConocoPhillips, Sandisk, Western Digital, Stryker, Parker-Hannifin, Bristol-Myers Squibb, Altria, Illinois Tool Works, Intercontinental Exchange, Southern Company, Cigna, Valero, Royal Caribbean, Air Products & Chemicals, Roblox, The Hershey Company et Cardinal Health, seront aussi de la partie jeudi. ExxonMobil, Chevron, Colgate-Palmolive, Moderna ou Estée Lauder, annonceront enfin vendredi.

A noter aussi des informations préoccupantes du Wall Street Journal concernant OpenAI, startup vedette de l'IA, qui aurait manqué des objectifs clés de revenus et de nombre de nouveaux utilisateurs, alors qu'approche sa potentielle introduction en bourse. Selon le WSJ, ces manquements soulèveraient des doutes au sein de la direction du groupe à propos de sa capacité à soutenir ses plans de dépenses pharaoniques. La directrice financière Sarah Friar aurait exprimé de tels doutes, jugeant qu'OpenAI pourrait ne pas pouvoir soutenir ses plans si les revenus ne progressaient pas suffisamment. Friar et d'autres dirigeants voudraient contrôler les coûts et instaurer plus de discipline, alors que le groupe dirigé par Sam Altman envisage une IPO record. Oracle est attendu sous pression avant bourse à Wall Street sur ces informations.

Les valeurs

Cadence Design Systems, spécialiste du développement et de la commercialisation de logiciels de conception des circuits intégrés et des systèmes électroniques, a annoncé hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,96$, supérieur aux attentes, contre 1,57$ un an avant. Les revenus ont totalisé 1,47 milliard de dollars, également meilleurs que prévu, contre 1,24 milliard sur la période correspondante de l'an dernier. Le groupe affiche un backlog record voisin de 8 milliards de dollars. Il relève ses prévisions financières, tablant sur une croissance des revenus 2026 d'environ 17%, pour une marge opérationnelle ajustée de 43,5 à 44,5% et un bpa ajusté de 7,85 à 7,95$.

Public Storage, le géant du stockage personnel, a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2026 des revenus de 1,22 milliard de dollars, ainsi qu'un niveau de FFO (fonds des opérations) ajusté par action de 4,22$, des mesures supérieures aux attentes de marché. Un an plus tôt, le FFO ajusté par action s'établissait à 4,12$, pour des revenus de 1,18 milliard. Parmi les autres faits marquants sur la période, le groupe a annoncé l'acquisition programmée de National Storage Affiliates Trust dans le cadre d'une transaction en actions sur la base d'une valeur d'entreprise de 10,5 milliards. Tom Boyle a été nommé directeur général à compter du 1er avril.

Nucor, le sidérurgiste américain, a publié hier soir pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 743 millions de dollars, 3,23$ par titre, pour des ventes de 9,5 milliards de dollars (+21%) et un Ebitda de 1,51 milliard de dollars. Ces résultats dépassent nettement le consensus de marché sur la période. "Les équipes de Nucor ont réalisé un excellent début d'année 2026, notre segment sidérurgique ayant enregistré un nouveau record de livraisons trimestrielles", a déclaré Leon Topalian, PDG.

General Motors rebondit avant bourse à Wall Street, alors que le constructeur automobile américain a publié pour son premier trimestre des bénéfices supérieurs aux attentes, le groupe relevant dans la foulée ses objectifs d'Ebit ajusté. GM a enregistré un chiffre d'affaires de 43,6 milliards de dollars au premier trimestre, en ligne ou presque avec le consensus et en légère baisse par rapport aux 44 milliards de dollars enregistrés un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 3,70$, contre environ 2,6$ de consensus et 2,78$ un an plus tôt. Le résultat d'exploitation ajusté est ressorti à 4,25 milliards de dollars, en hausse de 22%. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a représenté environ 2,6 milliards de dollars.

Sur l'exercice, le groupe envisage désormais un Ebit ajusté allant de 13,5 à 15,5 milliards de dollars, soit un relèvement de 500 millions de dollars résultant de la décision de la Cour suprême annulant certains droits de douane imposés par le président Trump. Le bpa ajusté est maintenant attendu entre 11,50 et 13,50$ sur l'exercice.

Centene, le groupe américain d'assurance maladie et soins de santé, a annoncé au titre de son trimestre clos un bénéfice ajusté par action de 3,37$, largement supérieur au consensus. Le groupe table désormais sur un bpa ajusté annuel de plus de 3,40$, contre une guidance antérieure de plus de 3$ et un consensus également proche des 3$. Sur le trimestre clos fin mars 2026, les revenus ont totalisé 49,9 milliards de dollars, alors que le cash flow total des opérations a été de 4,37 milliards de dollars.

Coca-Cola. Le géant des 'soft drinks' a réalisé sur le trimestre clos des revenus de 12,5 milliards de dollars pour un bénéfice ajusté par action de 86 cents (+18%). Les volumes se sont améliorés de 3%, alors que les revenus ont donc augmenté de 12%. La croissance organique a été de 10%. Le bénéfice opérationnel a progressé de 19% et le bénéfice opérationnel ajusté de 12%. Sur l'exercice, le groupe envisage toujours une croissance organique de 4-5%, pour une augmentation du bpa ajusté de 8-9% en comparaison des 3$ de 2025.

Corning, le fabricant de verres de spécialités connu pour ses produits Gorilla, corrige avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié un premier trimestre supérieur aux attentes mais une guidance décevante pour le 2e trimestre. Sur le T1 d'abord, les ventes ajustées ont augmenté de 18% à 4,35 milliards de dollars, tandis que le bpa ajusté a grimpé de 30% à 70 cents. Pour le 2e trimestre, le management envisage une croissance de 14% des ventes ajustées à environ 4,6 milliards, pour un bpa ajusté en croissance de 25% environ, entre 73 et 77 cents.

S&P Global, maison-mère de l'agence Standard & Poor's, a annoncé au titre de son premier trimestre fiscal des revenus en croissance de 10% à 4,17 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 4,97$ (+14%). Des résultats qui dépassent les attentes de marché. Le groupe maintient ses estimations de bénéfice par action pour l'exercice mais ajuste légèrement sa guidance de revenus. Les revenus sont attendus en croissance de 6,3 à 8,3% sur l'exercice, tandis que la croissance organique est toujours anticipée entre 6 et 8%. Le bpa ajusté est estimé entre 19,40 et 19,65$.

Spotify. Le géant suédois du streaming corrige à Wall Street. Le groupe a pourtant dépassé les attentes sur le 1er trimestre, affichant des revenus de 4,53 milliards d'euros en croissance de 8%, pour un bénéfice par action de 3,45 euros. Les revenus du deuxième trimestre sont attendus à 4,8 milliards, pour des additions d'abonnés décevantes à 6 millions environ et un bénéfice opérationnel de 630 millions d'euros également moins bon que prévu.

UPS, le colosse des livraisons, déçoit lui aussi. Le groupe a annoncé pour son premier trimestre fiscal des revenus de 21,2 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,07$, ainsi qu'une marge opérationnelle ajustée de 6,2%. Pour l'exercice, la guidance est mitigée, le groupe envisageant des revenus voisins de 89,7 milliards de dollars pour une marge opérationnelle ajustée voisine de 9,6%.

Alphabet terminait hier soir en hausse de 1,7% à Wall Street sur les 350$, au plus haut historique en attendant les comptes trimestriels qui seront dévoilés demain soir après bourse. La maison-mère de Google a vu son cours de bourse plus que doubler sur un an avec la vague de l'intelligence artificielle. Le groupe pourrait rappelons-le investir jusqu'à 40 milliards de dollars dans la startup d'IA Anthropic, sous réserve de certains objectifs, selon des informations du 'Wall Street Journal'... Par ailleurs, d'après 'The Information', Google aurait signé un accord avec le Département américain de Défense concernant l'utilisation de ses modèles d'IA pour des missions classifiées.

Oracle, AMD, Nvidia et Micron perdent du terrain suite au récent rallye. OpenAI n'a récemment pas réussi à atteindre ses propres objectifs en matière d'acquisition de nouveaux utilisateurs et de ventes, a rapporté le Wall Street Journal hier. Cela alimente des inquiétudes internes selon lesquelles l'entreprise peinerait à soutenir ses dépenses en infrastructure d'IA. OpenAI n'a pas atteint plusieurs objectifs de ventes mensuels en 2026 après que le rival Anthropic PBC a gagné du terrain sur les marchés du codage et de l'entreprise. ChatGPT d'OpenAI n'a pas non plus atteint l'objectif de l'entreprise d'un milliard d'utilisateurs actifs hebdomadaires d'ici la fin de 2025, a indiqué le journal. Son taux de désabonnement reste un défi, selon le WSJ, alors que les rivaux Anthropic et Gemini ont gagné en popularité.

Ces informations du WSJ tombent alors qu'un procès susceptible de façonner l'avenir de l'IA s'ouvre ce mardi, opposant Elon Musk et Sam Altman - patron d'OpenAI - concernant la transformation du créateur de ChatGPT d'une organisation à but non lucratif en une multinationale à but lucratif pesant des centaines de milliards de dollars. Les plaidoiries d'ouverture du procès civil intenté par Musk contre OpenAI et Altman auront lieu devant le tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, après la sélection, hier, des neuf jurés, indique Reuters. Musk accuse Altman et Greg Brockman, respectivement directeur général et président d'OpenAI, de l'avoir trahi, ainsi que le public, en abandonnant la mission de l'entreprise, celle de promouvoir une IA au service de l'humanité, et en la transformant en une machine à générer des profits.

L'homme le plus riche du monde réclame... 150 milliards de dollars de dommages et intérêts à OpenAI et à Microsoft, l'un de ses principaux investisseurs. Les sommes recouvrées seraient reversées à la branche caritative d'OpenAI. Il souhaite également qu'OpenAI redevienne une organisation à but non lucratif, avec la destitution d'Altman et de Brockman de leurs fonctions de dirigeants et le retrait d'Altman de son conseil d'administration. Musk a déclaré avoir fourni 38 millions de dollars de capital d'amorçage à OpenAI, avant de voir sa transformation en entité à but lucratif en mars 2019, un peu plus d'un an après son départ du conseil d'administration, relate Reuters.

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