Wall Street hésite sur les sommets, avant la Fed et les 'Mag 7'
Alors que Trump réunit son équipe pour étudier la proposition de l'Iran
La place américaine consolide prudemment ce lundi, alors qu'elle avait terminé vendredi sur les chapeaux de roues, dopée en particulier par le compartiment des semi-conducteurs. Le Nasdaq recule ce jour de 0,22% en début de journée à 24.783 pts, contre une baisse marginale de 0,06% à 7.161 pts sur le S&P 500 et un déclin de 0,05% à 49.208 pts pour le Dow Jones. La situation n'a pas vraiment évolué concernant l'Iran et le détroit d'Ormuz demeure bloqué. Téhéran aurait cependant mis en avant des propositions en vue d'un accord de paix, et la réaction de l'administration Trump est attendue plus tard ce jour. Les opérateurs suivront aussi cette semaine la réunion monétaire de la Fed, ainsi que les résultats de cinq des 'Mag 7' !
L'Iran a présenté de nouvelles propositions visant à lever le blocus du détroit d'Ormuz et à mettre fin à la guerre, mais reporterait les négociations nucléaires à une date ultérieure, selon Axios. Les propositions ont été présentées par l'intermédiaire des médiateurs pakistanais. Donald Trump doit tenir une réunion ce jour avec son équipe afin de discuter des négociations. Il a indiqué qu'il souhaitait pour l'heure poursuivre le blocus du détroit. Les efforts pour reprendre les pourparlers de paix ont été bloqués ce week-end, les deux parties faisant marche arrière. Trump a précisé que la position iranienne l'avait conduit à annuler le voyage au Pakistan de ses envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner, mais les pourparlers indirects semblent donc toujours en cours.
Trump a reconnu samedi l'existence d'un nouveau plan iranien, affirmant que la République islamique avait rapidement transmis une nouvelle proposition après qu'il eut demandé à ses émissaires de renoncer à leur voyage au Pakistan. "Curieusement, dès que j'ai annulé le voyage, en moins de dix minutes, nous avons reçu un nouveau document bien meilleur", a affirmé Trump aux journalistes. L'Iran "a fait beaucoup, mais pas assez", a-t-il ajouté. Les deux pays maintiennent le blocus du détroit d'Ormuz... Axios rapporte que l'Iran insiste pour mettre fin au conflit avant toute négociation nucléaire, au milieu de signes de divisions internes à Téhéran concernant les concessions. Téhéran voudrait des garanties d'une fin de conflit pour rouvrir le détroit. La Maison Blanche affirme que Trump "détient les cartes" et n'acceptera qu'un accord qui empêche l'Iran d'obtenir une arme nucléaire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré des médiateurs au Pakistan samedi et a quitté Islamabad avant l'arrivée prévue des émissaires américains. Il a déclaré sur les réseaux sociaux que l'Iran attendait toujours de voir si les États-Unis étaient réellement sérieux en matière de diplomatie. Araghchi est arrivé en Russie pour des entretiens avec Vladimir Poutine.
Pendant ce temps, l'armée israélienne a frappé des sites d'infrastructure du Hezbollah au Liban, dans la région de la Bekaa et dans le sud du Liban. Les deux pays s'accusent mutuellement d'enfreindre la trêve, qui venait d'être prolongée de trois semaines.
Les cours du brut repartent à la hausse ce lundi, le baril de brut WTI s'accordant 2,1% à 96,4$ et le Brent de la mer du Nord 2,4% à 101,5$. L'indice dollar abandonne 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin consolide légèrement sur les 78.000$.
L'indice manufacturier régional de la Fed de Dallas pour le mois d'avril 2026 s'est affiché à -2,3, contre -0,2 un mois avant et +0,5 de consensus FactSet. L'indice de production est ressorti à 19 contre 6,8 un mois plus tôt.
Demain, ils surveilleront les indices des prix des maisons FHFA et S&P Case-Shiller, ainsi que l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board et que l'indice manufacturier de la Fed de Richmond.
Mercredi, l'actualité sera chargée, avec les commandes de biens durables, les mises en chantier de logements et permis de construire, la balance du commerce international de biens, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques, et bien entendu le verdict monétaire de la Fed et la conférence de presse de son patron Jerome Powell. Jeudi, les marchés suivront les chiffres du PIB du premier trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les revenus et dépenses des ménages, l'indice du coût de l'emploi, l'indice PMI de Chicago et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. Enfin, vendredi, l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier seront connus.
La Fed rend donc son verdict mercredi soir à 20 heures sur les taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,50 et 3,75% est... de 100%. Le même outil montre une forte probabilité (plus de 67%) de statu quo jusqu'à la fin de l'année, alors que l'hypothèse d'un assouplissement d'un quart de point affiche une 'proba' de 27,7%.
Pendant ce temps, le sénateur Thom Tillis a annoncé qu'il levait son blocage de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, estimant que la décision du ministère de la Justice de clore l'enquête pénale visant le président de la Fed, Jerome Powell, levait une menace pour l'indépendance de la banque centrale. Cette décision du sénateur républicain de Caroline du Nord ouvre selon Bloomberg la voie à une confirmation rapide de Warsh pour succéder à Powell, dont le mandat s'achève le 15 mai. Tillis a déclaré avoir reçu l'assurance du ministère de la Justice que l'affaire pénale contre Powell et la Fed était "entièrement et définitivement close", tandis que l'inspecteur général de la Fed poursuit une enquête distincte sur les dépassements de coûts liés à la rénovation du bâtiment de la banque centrale... Warsh, qui a comparu devant la commission bancaire du Sénat la semaine dernière lors d'une audition de confirmation, bénéficie d'un large soutien parmi les élus républicains.
Par ailleurs, la saison des publications financières trimestrielles bat son plein outre-Atlantique. Verizon, Cadence Design Systems, Public Storage, Nucor, Domino's Pizza et Celestica, annoncent ce lundi. Visa, Coca-Cola, T-Mobile US, Welltower, Corning, Booking Holdings, S&P Global, Seagate Technology, Starbucks, Spotify, Waste Management, UPS, Sherwin-Williams, American Tower, Ecolab, Hilton Worldwide, Robinhood, Mondelez, General Motors, Paccar, Teradyne, NXP Semiconductors ou encore Sysco, publient demain.
Quatre des 'Magnificent Seven' dévoilent leurs comptes mercredi soir. Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta retiendront ainsi toute l'attention des marchés. AbbVie, KLA, Qualcomm, Amphenol, Equinix, Carvana, General Dynamics, Regeneron, ADP, Ford, Garmin, Allstate, eBay, GE HealthCare, Teva, Biogen, Cognizant, Chipotle Mexican Grill ou Yum! Brands, publient également mercredi.
Apple sera en vedette jeudi soir. Eli Lilly, Mastercard, Caterpillar, Merck, Amgen, ConocoPhillips, Sandisk, Western Digital, Stryker, Parker-Hannifin, Bristol-Myers Squibb, Altria, Illinois Tool Works, Intercontinental Exchange, Southern Company, Cigna, Valero, Royal Caribbean, Air Products & Chemicals, Roblox, The Hershey Company et Cardinal Health, seront aussi de la partie jeudi. ExxonMobil, Chevron, Colgate-Palmolive, Moderna ou Estée Lauder, annonceront enfin vendredi.
Les valeurs
Verizon (+3,1%), l'opérateur télécom américain, a rehaussé ses estimations de bénéfice ajusté par action ce lundi, en marge de la publication d'un solide premier trimestre. Sur le trimestre clos, le groupe a réalisé des revenus opérationnels totaux de 34,4 milliards de dollars, en croissance de 2,9% en glissement annuel, pour un bénéfice net de 5,1 milliards de dollars en augmentation de 3,3%. L'Ebitda ajusté consolidé a augmenté de 6,7% à 13,4 milliards de dollars. Le bénéfice dilué par action a atteint 1,28$ sur une base ajustée, en hausse de 7,6%, meilleur taux de croissance depuis 2021. Le free cash flow a atteint 3,8 milliards contre 3,6 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice ajusté annuel par action est désormais attendu entre 4,95 et 4,99$, en hausse de 5 à 6%.
Domino's Pizza (-9,1%). La chaîne de pizzerias a annoncé au titre de son premier trimestre des ventes retail de 4,74 milliards de dollars, contre 4,46 milliards un an auparavant. L'expansion des ventes retail ressort à 3,4% hors effets de change. La croissance à comparable US atteint 0,9%. Hors effets de change, les ventes reculent de 0,4% à l'international à comparable. Le bénéfice des opérations progresse de 9,6% (+7,9% hors effets de change). Les revenus consolidés progressent de 3,5% à 1,15 milliard de dollars, pour un bénéfice net en repli de 6,6% à 140 millions de dollars environ, soit 4,13$ par titre. Ces mesures sont inférieures aux attentes.
Meta (+0,2%). La Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR) chinoise a bloqué le rachat de la startup chinoise d'IA Manus par le géant californien Meta, ordonnant l'annulation de la transaction, indique Reuters. Cette décision intervient alors que Pékin et Washington rivalisent pour la suprématie dans les industries de pointe, note l'agence. La CNDR souligne la détermination de Pékin à empêcher les entreprises américaines d'acquérir des talents et de la propriété intellectuelle dans le domaine de l'IA, tandis que Washington tente de freiner le développement chinois de l'IA par des contrôles à l'exportation visant à bloquer l'accès aux puces américaines, détaille Reuters.
Meta, groupe de Menlo Park propriétaire de Facebook, d'Instagram et de WhatsApp, a acquis Manus en décembre pour plus de 2 milliards de dollars afin de renforcer ses capacités dans le domaine des agents d'IA. Cependant, en mars, le DG de Manus, Xiao Hong, et son directeur scientifique, Ji Yichao, ont été interdits de quitter la Chine pendant que les autorités examinaient l'opération, selon des sources de Reuters proches du dossier.
Microsoft (-0,3%) et OpenAI ont amendé leur accord. Le géant software de Redmond va demeurer un actionnaire significatif de la startup d'IA et son principal partenaire cloud, et les produits OpenAI seront d'abord livrés sur Azure, mais l'accord de licence sera désormais non-exclusif. Microsoft ne versera plus de part des revenus à OpenAI. La startup pourra proposer ses produits à des clients sur n'importe quel fournisseur de cloud. Microsoft continue de participer à la croissance d'OpenAI en tant qu'actionnaire majeur et conserve une licence sur la propriété intellectuelle d'OpenAI jusqu'en 2032. Les paiements de part des revenus à Microsoft se poursuivent jusqu'en 2030.
United Airlines (-1%) / American Airlines (-1,9%). L'idée d'un géant du ciel américain finalement écartée... Alors que des rumeurs circulaient ces dernières semaines, le directeur général d'United Airlines, Scott Kirby, a confirmé ce lundi avoir approché American Airlines afin d'étudier une éventuelle fusion entre les deux compagnies aériennes américaines. Cette initiative a toutefois été rejetée par son concurrent. Trump s'est également montré opposé à cette perspective. La semaine dernière, le président américain a indiqué qu'il n'aimait pas l'idée d'une telle fusion, tout en indiquant préférer une solution de reprise pour la compagnie à bas coûts Spirit Airlines, actuellement en difficulté.
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