Trump s'apprête à prendre une "décision finale" sur un possible accord avec l'Iran
Donald Trump a assuré qu'il s'apprêtait à prendre une décision finale sur un possible accord pour mettre un terme à la guerre avec l'Iran, qui dément de son côté qu'une issue ait été trouvée.
Citées par l'agence de presse Fars, des sources iraniennes ont qualifié les déclarations du président américain de "mélange de vérité et de mensonge", apportant un démenti sur deux enjeux majeurs des pourparlers: la réouverture du détroit d'Ormuz et le nucléaire iranien.
Après des affrontements cette semaine - les plus graves depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril - et alors qu'on croyait les négociations en péril, des sources à Washington ont évoqué jeudi un cadre d'accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu.
Le président américain a tenu une réunion à la Maison Blanche vendredi après-midi lors de laquelle il devait prendre une "décision finale" sur un possible accord avec Téhéran. Selon le New York Times, la réunion a duré deux heures, mais Donald Trump n'a pas arrêté de décision dans l'immédiat.
"L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement" et Téhéran doit s'engager à le déminer, a énuméré le dirigeant avant la réunion sur son réseau Truth Social.
Donald Trump a également demandé, tout en lettres capitales, à ce que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit "DETRUIT".
"Demandes excessives"
"Les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu", a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Esmaïl Baghaï.
Il a par ailleurs démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire et a défendu "la situation spéciale" du détroit d'Ormuz, par sa localisation géographique dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman.
"Trump a affirmé que l'Iran était tenu d'ouvrir le détroit d'Ormuz sans frais de péage, alors qu'aucune clause de ce type ne figure dans le texte de l'accord", selon les sources citées par Fars. La destruction des matières nucléaires de l'Iran n'y figure pas non plus, ont-elles ajouté.
Le pouvoir iranien avait fustigé auparavant "les demandes excessives ainsi que les positions changeantes et contradictoires" des Etats-Unis. "Parvenir à un accord final dépend de l'arrêt de l'attitude de la partie américaine", a insisté le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dans un appel avec son homologue omanais.
Sur le même ton de défiance, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré: "Nous ne nous fions ni aux promesses ni aux paroles, seuls les actes comptent."
"Qui dit la vérité?"
A Téhéran, les habitants suivent désabusés ces tractations diplomatiques. "Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité", commente Ali, un Iranien de 49 ans originaire de Tonekabon, sur la mer Caspienne.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.
Les marchés font eux le pari d'un accord, avec des cours du brut au plus bas depuis plus d'un mois.
Le trafic maritime dans le détroit s'est accéléré mais "cela ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre", selon la télévision d'Etat iranienne, l'accès restant interdit aux navires des pays "hostiles".
Parmi les autres points de contentieux, le pouvoir iranien cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, avec le versement d'une première moitié dès la conclusion du protocole d'accord.
Mais Donald Trump a affirmé vendredi qu'il n'y aurait "aucun échange d'argent pour le moment".
Trêve au Liban, "passage obligé"
Téhéran réclame aussi la fin des combats sur tous les fronts, en particulier au Liban où s'affrontent son allié, le Hezbollah, et Israël, alors que la trêve en vigueur depuis le 17 avril n'a jamais été respectée.
L'armée israélienne a encore étendu vendredi sa "zone de combat" tout en poursuivant ses frappes meurtrières.
Le mouvement pro-iranien a pour sa part revendiqué une nouvelle série d'attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, au moment où se déroulent à Washington des discussions sur le plan militaire.
Le président libanais Joseph Aoun a souligné auprès du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'un arrêt des hostilités était un "passage obligé" avant toute avancée diplomatique.
Dans la vieille ville de Tyr, des centaines de personnes ont afflué pour fuir les avertissements israéliens.
"J'ai aménagé une douche dans les WC, et il y a des matelas par terre" pour dormir, raconte Karam Amin, qui dort avec sa famille de sept personnes dans sa boutique de vêtements du quartier chrétien.
Selon le dernier bilan officiel, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.355 personnes depuis le début de la guerre début mars, quand le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.
Sur la seule semaine écoulée, quinze enfants ont été tués et 62 autres blessés au Liban, a rapporté vendredi l'Unicef.
burx-rle/ph
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