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Macron serre la vis sur les manifestations avant un nouveau samedi de mobilisation

| AFP | 427 | 3 par 2 internautes
Emmanuel Macron à l'Elysée à Paris le 22 octobre 2026
Emmanuel Macron à l'Elysée à Paris le 22 octobre 2026 ( Teresa Suarez / POOL/AFP )

Après une série d'interdictions de manifestations, Emmanuel Macron a annoncé jeudi que seules celles organisées par des syndicats seraient autorisées samedi lors d'une nouvelle journée de mobilisation, avec des tracés visant à protéger les commerces et le "retour au calme".

Dans ce contexte déjà très tendu, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, recevait dans l'après-midi les partis à Matignon, en présence de Laurent Nuñez (Intérieur), des responsables des services de renseignement et des forces de l'ordre.

Le président de la République, qui s'exprimait à l'issue d'un conseil de sécurité, a affirmé que "la recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir".

Les demandes formulées par "des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela" seront refusées, a-t-il prévenu. "Ce n'est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme."

Celles venant d'organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger "nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments", a indiqué Emmanuel Macron, qui doit par ailleurs effectuer un déplacement vendredi auprès des forces de l'ordre.

Le chef de l'Etat avait convoqué l'ensemble des services de renseignement, accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre.

M. Macron a réclamé "la plus grande dureté" contre les "actes de délinquance", ainsi que contre les groupes "d'ultragauche" ayant cherché, selon lui, à "faire tomber la République".

"Situation particulière"

Lors de la prochaine journée de mobilisation nationale ce samedi, "il n'est pas envisageable que ce qui s'est passé samedi dernier puisse se reproduire", a insisté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Pour l'éviter, le niveau de mobilisation des forces de l'ordre sera "20 % supérieur" à celui de la semaine passée, d'après le ministère de l'Intérieur. Blindés, militaires de la force Sentinelle et unités d'élite de police et gendarmerie seront déployés.

D'autres décisions devraient être prises vendredi lors d'un conseil de défense alors que les interdictions de manifestations se multiplient.

A Paris, des centaines d'étudiants et de lycéens ont finalement été autorisés à défiler jeudi.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez au ministère de l'Intérieur à Paris, le 19 octobre 2026
Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez au ministère de l'Intérieur à Paris, le 19 octobre 2026 ( JULIEN DE ROSA / POOL/AFP )

A Lyon, la préfecture a interdit "toute manifestation" samedi. Dans la capitale, où un seul cortège a été autorisé entre la Bastille et Nation, la Ville a appelé la population "à la plus grande vigilance face aux risques de nouvelles violences commises par des casseurs sans lien avec le mouvement social".

Dans cette perspective, M. Lecornu recevra également en fin d'après-midi les maires de Paris, Lyon et Marseille.

Le Premier ministre a promis "la transparence" sur le déroulement du 17 octobre, même si ce rendez-vous est vécu comme "une convocation" par nombre de ses invités. Des leaders comme Jordan Bardella et Marine Le Pen (RN) ou Edouard Philippe se sont faits représenter.

A leur arrivée à Matignon, les leaders de gauche ont dit attendre surtout des "réponses" aux revendications des manifestants qui ont défilé samedi. Parmi celles-ci, l'abrogation de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup, des investissements de 10 milliards d'euros pour les lycéens, ou des mesures sur le coût de la vie.

Sinon "cette réunion n'aura servi à rien", a prévenu la présidente et candidate des Ecologistes à la présidentielle, Marine Tondelier, venue avec son bébé dans un landau.

Craintes sur Orléans

A droite et l'extrême droite, les attentes portent surtout sur la sécurité.

Sorti tôt de la réunion, le président des LR et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau, a renouvelé ses appels à voir l'état d'urgence décrété et les dates de l'élection présidentielle, dont le second tour doit se tenir au lendemain du 1er-Mai, décalées.

Le vice-président du RN, Louis Aliot, a dit espérer que la sécurité serait "garantie" au congrès de son parti à Orléans ce week-end, où entre 20.000 et 30.000 manifestants sont attendus samedi, dont Olivier Faure et la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront déployés alors que la manifestation attendue dimanche a été annulée.

L'exécutif, critiqué pour son retard à l'allumage dans le traitement du mouvement lycéen, se démultiplie pour essayer d'endiguer la colère.

Le Premier ministre réunira lundi les organisations lycéennes, étudiantes, enseignantes, syndicales, patronales, les collectivités et les parlementaires.

La réponse pénale aux violences du week-end se poursuit. Un total de 217 personnes ont été incarcérées parmi les 2.700 placées en garde à vue après les violences et pillages en marge des manifestations du week-end dernier, a annoncé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, depuis la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en louant "une réponse extrêmement ferme qui ne connaît pas d'équivalent".

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