Wall Street en hausse prudente avant l'arrivée à échéance de l'ultimatum de Donald Trump
Compte à rebours
Retour de week-end prudent mais en hausse à Wall Street où les indices ont légèrement progressé, tandis que Donald Trump maintient la pression sur Téhéran en ayant confirmé son dernier ultimatum fixé mardi soir. Le DJ a gagné 0,36% à 46.669 pts, tandis que le S&P500 reprend 0,44% à 6.611 pts. Le Nasdaq a progressé de 0,54% à 21.996 pts. Les cours du pétrole sont restés tendus, à plus de 111$ le baril de brent. "L'Iran peut être anéanti en une nuit et cette nuit pourrait bien être demain soir", a déclaré lundi le président américain Donald Trump à l'occasion d'une nouvelle conférence de presse à la Maison blanche, invitant Téhéran à conclure un accord sous peine d'en subir les conséquences... Le président américain avait auparavant menacé de détruire le réseau électrique et d'autres infrastructures civiles en Iran, réclamant la réouverture avant mardi à 20h00 (minuit GMT) du détroit d'Ormuz.
Donald Trump avait auparavant déjà menacé de faire pleuvoir "l'enfer" sur Téhéran si l'Iran ne concluait pas d'accord et ne rouvrait pas le détroit d'Ormuz avant l'échéance qu'il a donc fixée à mardi soir, tout en saluant les forces spéciales américaines qui ont secouru un aviateur qui s'était éjecté lors d'une mission à haut risque en profondeur du territoire iranien en fin de semaine passée. Dans un message accompagné d'insultes publié dimanche sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a menacé de nouvelles frappes contre les infrastructures énergétiques et de transport iraniennes, des attaques qui pourraient constituer des crimes de guerre : "Mardi sera le jour des centrales électriques, et le jour des ponts", a déclaré le président américain. "Ouvrez ce putain de détroit, bande de tarés, ou vous vivrez en enfer. VOUS ALLEZ VOIR. Gloire à Allah".
Axios a rapporté de son côté que les Etats-Unis, l'Iran et des médiateurs régionaux discutaient des termes d'un cessez-le-feu potentiel de 45 jours susceptible d'aboutir à une fin durable de la guerre, citant plusieurs sources américaines, israéliennes et régionales au fait des discussions.
L'Iran n'envisage cependant pas de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange d'un "cessez-le-feu temporaire" et estime que Washington ne montre pas la volonté nécessaire pour parvenir à un cessez-le-feu permanent, a déclaré pour sa part un haut responsable iranien à l'agence Reuters. Le responsable a confirmé que Téhéran avait reçu une proposition du Pakistan en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et l'examine, tout en soulignant que l'Iran refuse d'être soumis à des pressions ou à des délais pour prendre une décision.
Côté économie, la croissance du secteur des services aux États-Unis a ralenti plus que prévu au mois de mars, tandis que les prix payés par les entreprises pour leurs intrants ont grimpé en flèche, ce qui constitue un premier signe que le conflit au Moyen-Orient alimente les pressions inflationnistes. L'indice ISM des services est ressorti à 54,0 le mois dernier, contre 56,1 en février, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une baisse à 55. Un indice supérieur à 50 indique une croissance dans le secteur des services, qui représente plus des deux tiers de l'activité économique américaine. Le conflit opposant depuis fin février les États-Unis et Israël d'un côté, et l'Iran de l'autre, a entraîné une flambée des cours mondiaux du pétrole, tandis que le prix moyen de l'essence dans les stations-service américaines a dépassé les 4 dollars le gallon pour la première fois depuis plus de trois ans. L'indice ISM mesurant les prix payés par les entreprises pour leurs intrants a grimpé à 70,7 le mois dernier, son niveau le plus élevé depuis octobre 2022, contre 63,0 en février. Le sous-indice des délais de livraison des fournisseurs a lui progressé à 56,2, contre 53,9 en février, ce qui reflète un allongement des délais en usine, les fabricants de produits alimentaires, de boissons et de tabac évoquant des "retards de conteneurs". La composante des nouvelles commandes s'est quant à elle établie à 60,6, après 58,6 en février.
Le rendez-vous de la semaine est prévu avec les chiffres de l'inflation US vendredi, qui seront déterminants pour savoir si la hausse des coûts énergétiques s'est déjà répercutée sur l'ensemble de l'économie.
LES VALEURS
Le laboratoire pharmaceutique Soleno Therapeutics, qui a annoncé son rachat par Neurocrine Biosciences grimpe de plus de 32,3%. Une opération de quelque 2,9 milliards de dollars en espèces, marquant ainsi l'expansion du fabricant de médicaments axés sur les neurosciences dans le domaine des troubles métaboliques. L'accord donne à Neurocrine l'accès à Vykat XR, le premier médicament approuvé aux Etats-Unis pour traiter l'hyperphagie associée au syndrome de Prader-Willi, une maladie génétique rare. Neurocrine commercialise actuellement deux médicaments contre les maladies rares, Ingrezza et Crenessity, dont les ventes combinées ont atteint 2,81 milliards de dollars en 2025. Neurocrine offre 53 dollars par action Soleno détenue, ce qui représente une prime d'environ 34% par rapport à la dernière clôture de l'action. Le Vykat XR est "un blockbuster potentiel en devenir", a déclaré le directeur général de Neurocrine, Kyle Gano. Le traitement a généré des ventes d'environ 190 millions de dollars en 2025, environ neuf mois après avoir reçu l'approbation en mars. L'opération, qui devrait être finalisée dans les 90 prochains jours, sera financée par les liquidités disponibles, a déclaré Neurocrine.
Denali Therapeutics corrige de 6,1%, mettant fin à une série de trois jours de hausse. La société japonaise Takeda Pharmaceutical mettra fin à son partenariat pour développer le DNL593, un médicament expérimental contre une forme rare et agressive de démence, a déclaré DNLI vendredi. La décision a été motivée par des considérations stratégiques et n'est pas liée à des données d'efficacité ou de sécurité, a déclaré Denali. Le partenariat a été signé en 2018, pour développer et commercialiser trois thérapies pour les maladies neurodégénératives. Denali prévoit de communiquer les résultats de l'essai de phase précoce à intermédiaire en cours du DNL593 d'ici la fin de 2026.
Oracle (-0,5%) a nommé lundi Hilary Maxson au poste de directrice financière, fonction qu'elle a auparavant occupé au sein du groupe français Schneider Electric. La société technologique américaine fait ainsi appel à une dirigeante possédant une vaste expérience dans les secteurs des infrastructures et de l'énergie, à un moment où elle cherche à répondre à la demande croissante en matière d'intelligence artificielle et de services "cloud". Cette nomination intervient par ailleurs dans un contexte d'inquiétude face à l'endettement élevé du groupe américain pour financer ses dépenses colossales en infrastructures d'IA, ce qui a provoqué une chute d'environ 25% de l'action depuis le début de l'année... Hilary Maxson, dont la nomination a pris effet immédiatement, a déclaré qu'elle avait pour objectif de garantir la poursuite d'investissements afin de créer de la valeur durablement tant pour les clients que pour les actionnaires. Oracle prévoit de dépenser 50 milliards de dollars au cours de l'exercice 2026, soit plus du double des dépenses d'investissement de l'exercice précédent... La société a par ailleurs annoncé le mois dernier son intention de lever entre 45 et 50 milliards de dollars cette année afin de renforcer la capacité de son infrastructure cloud. Doug Kehring, qui occupait le poste de directeur financier d'Oracle depuis six mois, quittera ses fonctions et se consacrera à nouveau aux opérations de commercialisation de l'entreprise, a précisé celle-ci. Hilary Maxson, âgée de 48 ans, avait été nommée directrice financière de Schneider Electric en 2020, après avoir rejoint le groupe français trois ans plus tôt.
JP Morgan Chase (+0,8%) Jamie Dimon, le très écouté directeur général de JP Morgan Chase, a averti que la guerre en Iran risquait de provoquer des chocs sur les prix du pétrole et des matières premières, susceptibles de maintenir une inflation persistante et de pousser les taux d'intérêt plus haut que prévu actuellement par les marchés... Cet avertissement a été formulé dans une lettre annuelle adressée aux actionnaires du groupe. Jamie Dimon, à la tête de la plus importante banque américaine depuis deux décennies, a estimé par ailleurs que le secteur du crédit privé ne présentait "probablement" pas de risque systémique, malgré les récentes décisions des investisseurs de se retirer de ces fonds, craignant que les avancées en intelligence artificielle nuisent aux emprunteurs sous-jacents. "Les défis auxquels nous sommes tous confrontés sont considérables", a ajouté Jamie Dimon, citant les risques géopolitiques tels que la guerre en Ukraine, l'intensification des hostilités au Moyen-Orient et les tensions avec la Chine. "À présent, en raison de la guerre en Iran, nous sommes en outre confrontés à la possibilité de chocs importants et persistants sur les prix du pétrole et des matières premières, ainsi qu'à une restructuration des chaînes d'approvisionnement mondiales, ce qui pourrait entraîner une inflation plus tenace et, en fin de compte, des taux d'intérêt plus élevés que ce que les marchés anticipent actuellement", a-t-il encore déclaré. Le temps dira si la guerre en Iran permettra d'atteindre les objectifs des États-Unis, selon Jamie Dimon, ajoutant que la prolifération nucléaire restait le plus grand danger émanant de l'Iran.
Jamie Dimon a poursuivi en estimant que l'économie américaine continuait de faire preuve de résilience. Il a toutefois averti que l'économie avait été alimentée par d'importantes dépenses publiques déficitaires et par les mesures de relance passées, tandis que l'augmentation des dépenses d'infrastructure restait un besoin croissant... Il a par ailleurs estimé que le marché du crédit privé, d'une valeur de 1.800 milliards de dollars (1.560 milliards d'euros), était "relativement modeste". Mais une fois que le cycle du crédit s'affaiblira, a-t-il averti, les pertes sur tous les prêts à effet de levier seront plus importantes que prévu, car les normes de crédit se sont légèrement relâchées à tous les niveaux. Le crédit privé n'est généralement pas caractérisé par une grande transparence ni par des "repères" de valorisation rigoureux, ce qui augmente le risque que les investisseurs vendent s'ils pensent que la situation va se détériorer, a-t-il poursuivi. Jamie Dimon a également profité de cette lettre pour critiquer vivement les règles de fonds propres révisées proposées le mois dernier par les régulateurs bancaires américains, dénonçant certains aspects comme étant toujours "absurdes".
Un fonds de crédit privé géré par Barings a plafonné les retraits à 5% des actions après une augmentation des demandes de rachat, la dernière d'une série de mesures similaires prises par les gestionnaires d'actifs au cours des derniers mois. Le fonds répondra à environ 44,3% des demandes de rachat de chaque actionnaire. La majorité des gestionnaires d'actifs, dont Apollo Global, Blue Owl, Ares Management et BlackRock, ont plafonné les retraits à 5% au premier trimestre.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote