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Les spéculations vont bon train autour de la division alimentaire d'Unilever

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Les spéculations vont bon train autour de la division alimentaire d'Unilever
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(Zonebourse.com) - Unilever et Kraft Heinz ont récemment mené à bien des discussions en vue de rapprocher leurs divisions alimentaires respectives, une opération d'envergure qui aurait réuni le ketchup Heinz et la mayonnaise Hellmann's sous une même bannière, rapporte jeudi le Financial Times, qui précise toutefois que ces pourparlers ont désormais pris fin.

Le quotidien financier britannique, qui cite des sources proches du dossier, explique qu'un tel projet aurait donné naissance à une entité valorisée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, mais aussi illustré l'urgence qu'éprouvent actuellement les deux géants de la grande consommation à remodeler leurs portefeuilles.

Les deux groupes doivent en effet faire face à une érosion de la demande, rappelle le FT, face à des consommateurs qui tendent à délaisser les produits transformés pour des alternatives plus saines ou des marques de distributeurs en raison des tensions sur les prix.

Le grand virage vers la beauté

Au cours de la dernière décennie, Unilever n'a d'ailleurs cessé de réduire son exposition au secteur alimentaire pour se renforcer dans l'hygiène et la beauté, souligne le journal, qui note que cette stratégie a pris la forme d'acquisitions ciblées sur des segments à forte croissance, à l'image du récent rachat de la marque de soins pour hommes Dr Squatch.

Le groupe anglo-néerlandais, qui détient toujours les marques Marmite ou Knorr, a déjà procédé à la scission ou à la vente de ses divisions de margarines, de thé et, plus récemment, de glaces, poursuit le Financial Times.

Dans une note diffusée dans la matinée, les analystes d'AlphaValue estiment que la division alimentaire du groupe anglo-néerlandais pourrait être valorisée autour de 42,6 milliards d'euros, sur la base d'un multiple Valeur d'Entreprise / EBIT de 15x, c'est-à-dire la moyenne du secteur.

D'après les équipes de Deutsche Bank, les métiers de l'alimentation ne représentent plus que 29% de son résultat opérationnel (Ebit).

Un nécessaire changement de cap stratégique

De son côté, Kraft Heinz traverse une période délicate depuis la fusion orchestrée il y a dix ans sous l'égide de Warren Buffett et de 3G Capital. D'après le FT, les discussions avec Unilever se seraient tenues avant que le groupe américain ne se décide, le mois dernier, à suspendre son projet de scission.

Ce plan prévoyait de séparer les produits de base à faible croissance (tels que les spécialités de charcuterie Oscar Mayer ou les snacks Lunchables) de ses activités plus dynamiques dans les sauces et condiments (ketchup Heinz, fromage Philadelphia).

Le marché accueillait ces informations avec une certaine prudence. A la Bourse d'Amsterdam, le titre Unilever reculait de 1,4% jeudi matin. Celui de Kraft Heinz était lui attendu en légère hausse de 0,2% à l'ouverture de Wall Street.

"Si une séparation semble pertinente sur le long terme - avec des activités mieux ciblées et plus autonomes financièrement - l'opération reste risquée", jugent les analystes de Deutsche Bank.

"L'incertitude plane sur la rentabilité d'un pôle agroalimentaire indépendant qui devrait recréer ses propres fonctions supports, ainsi que sur les coûts fixes résiduels et la charge fiscale qui pèseraient sur le périmètre restant d'Unilever", justifie la banque allemande.

Toutes ces informations s'ajoutent à celles publiées hier par Bloomberg, selon lequel le groupe étudierait une possible séparation de tout ou partie de ses activités alimentaires. Cette annonce avait été, là encore, accueillie sans grand entrain par le marché (-3,4%).

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source : AOF

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