Net repli des marchés européens, les dettes inquiètent
(Zonebourse.com) - Au terme de la première séance du mois d'octobre, les Bourses européennes ont clôturé en nette baisse. Les investisseurs affichent une méfiance croissante à l'égard de la dette souveraine française. Le rendement de l'OAT 10 ans s'est approché ce matin des 5% (jusqu'à 4,96%), son plus haut niveau depuis l'été 2002 après une hausse fulgurante de 130 points de base en trois mois. Dans ce contexte tendu, le CAC 40 a enregistré une troisième séance de suite dans le rouge, restant sous la barre des 8 000 points. L'indice phare parisien a cédé 1,62% à 7 835,31 points. Londres, Francfort et Amsterdam ont cédé respectivement 1,64%, 0,87% et 1,10%.
A Wall Street, les indices suivent la même tendance. Le Dow Jones cède 0,43% avant 18h. Le S&P 500 recule de 0,20% et le Nasdaq perd 0,22%.
Le spread franco-allemand au plus haut depuis la crise de la zone euro
Au centre de cette baisse, la dette française inquiète de plus en plus les marchés. A titre de comparaison, le taux d'intérêt allemand à dix ans, référence du marché obligataire européen, atteignait 3,62%. L'écart entre les deux titres (le "spread", indicateur très surveillé par les marchés) continue donc de se creuser, pour atteindre 1,31 point de pourcentage, un niveau inédit depuis la crise de 2012. Face à la dette de la France, les investisseurs sont pessimistes et doutent que la France puisse assainir ses finances publiques, alors même que le gouvernement a présenté ce jeudi son budget 2027, prévoyant 43 milliards d'euros d'économies nouvelles.
"La France affiche l'un des ratios de dette publique rapportée au PIB les plus élevés de la zone euro, ainsi que le déficit le plus important. Elle dispose également, sans doute, de l'un des Parlements les plus fragmentés. Elle est donc particulièrement exposée aux facteurs qui poussent les rendements obligataires à la hausse. Les inquiétudes concernant le coût de la dette y sont ainsi particulièrement fortes. Autrement dit, pour reprendre le vocabulaire financier, la France est devenue l'un des pays les plus sensibles aux mouvements de marché", explique Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.
Outre ces tensions sur les taux souverains, les Bourses reculent en raison de la pression sur le marché des matières premières. Sur le front géopolitique, l'enlisement des négociations de paix entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre un terme au conflit qui dure depuis sept mois au Moyen-Orient maintient les cours du pétrole à un niveau élevé. Le Brent perd 1,89% à 101,54 dollars. Le WTI américain, en revanche, gagne 2,5% à 92,56 USD.
Capgemini bondit
Dans l'actualité des sociétés, Capgemini a bondi au milieu de la séance, finissant en tête du CAC 40, s'adjugeant 7,38%. L'entreprise de services du numérique a profité des solides résultats publiés par son concurrent américain Accenture. Selon AlphaValue, cette publication "constitue un signal positif pour le secteur européen des services informatiques et des logiciels". Le groupe américain de conseil en management et de services technologiques a publié, au titre de son 4e trimestre 2025-2026, un BPA en hausse de 9% à 3,29 USD, dépassant de près de 4% l'estimation moyenne des analystes. Les revenus s'élèvent à 18,68 MdsUSD, soit une croissance de 7% en monnaies locales et supérieurs à sa fourchette cible.
En revanche, Vallourec recule de 2,93% après une note d'analyse de Jefferies. Le bureau d'études maintient sa recommandation à l'achat sur le spécialiste des solutions tubulaires mais révise son objectif de cours de 27 à 25 euros. "Pour le 3e trimestre, Jefferies anticipe pour Vallourec un EBITDA de 185 millions de dollars, proche du bas de la fourchette annoncée de 170 à 210 MUSD communiquée par la direction. Ce frein s'explique par la poursuite des retards d'expédition au Koweït, en Irak et au Qatar.
En Europe, le spécialiste danois de la joaillerie Pandora a annoncé jeudi l'ouverture, au Vietnam, de la plus grande usine de bijoux au monde. Ce projet d'envergure doit lui permettre d'augmenter de 50% ses capacités de production mondiales. Le site basé à Ho Chi Minh, dans lequel le groupe a investi 150 millions de dollars, doit employer quelque 7 000 personnes.
Zone euro : l'indice PMI manufacturier au plus haut depuis mai 2022
Outre l'actualité des sociétés, les investisseurs ont digéré les nombreuses statistiques sur le climat économique global en Europe.
L'indice PMI S&P Global pour l'industrie manufacturière de la zone euro a poursuivi sa progression en fin de 3e trimestre, se redressant de 52,7 en août à 52,9 en septembre. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis mai 2022. Les données de septembre mettent en évidence un nouveau renforcement de la demande de biens dans la région, soutenue par une hausse des nouvelles commandes à un rythme inédit depuis mars 2022. Cette expansion du volume global des ventes a notamment reflété une dynamique solide sur les marchés étrangers.
En France, cet indice s'est aussi établi au-dessus de la barre des 50, qui sépare la contraction de la croissance. Bien qu'en repli de 51,1 en août à 50,6 en septembre, il met toutefois en évidence un ralentissement de la croissance du secteur. Les volumes de production ont de nouveau augmenté en septembre, marquant ainsi deux mois consécutifs d'expansion pour la première fois depuis février. La croissance n'a toutefois été que marginale, tendance que certains répondants attribuent à la baisse de la demande.
En outre, en août, le taux de chômage de la zone euro s'est maintenu à 6,4% par rapport au mois précédent. Celui de l'UE est resté stable à 6,1%, d'après les données d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.
source : AOF
■2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote