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L'OMS alerte sur "l'ampleur" de l'épidémie d'Ebola en RDC, qui pourrait durer longtemps

| AFP | 284 | Aucun vote sur cette news
Un membre du personnel de l'hôpital CBCA Virunga prend la température d'une visiteuse à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact avant de l'autoriser à entrer dans l'hôpital de Goma, en République démocratique du Congo, le 17 mai 2026.
Un membre du personnel de l'hôpital CBCA Virunga prend la température d'une visiteuse à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact avant de l'autoriser à entrer dans l'hôpital de Goma, en République démocratique du Congo, le 17 mai 2026. ( Jospin Mwisha / AFP )

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi sur "l'ampleur et la rapidité" de l'épidémie d'Ebola, déjà suspectée d'avoir fait plus de 130 morts, qui se propage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et qui pourrait durer.

Ebola provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Le redoutable virus a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.

L'OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à la nouvelle flambée d'Ebola en RDC, vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants en proie à des conflits.

Le directeur général de l'OMS s'est dit mardi "profondément préoccupé par l'ampleur et la rapidité" de l'épidémie.

"Nous avons comptabilisé à peu près 131 cas de décès" au total et "nous avons à peu près 513 cas suspects", a déclaré mardi Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé de la RDC à la télévision nationale.

Ces décès ne sont pas "nécessairement" liés à Ebola, et ont été recensés dans les communautés affectées par l'épidémie, a-t-il précisé.

Le précédent bilan du ministère congolais de la santé faisait état de 91 décès estimés et 350 cas suspects.

Peu d'échantillons ont pu être testés en laboratoire à ce jour et les bilans en RDC s'appuient principalement sur des cas de suspicion.

"Je ne pense pas que cette épidémie sera terminée dans deux mois", a averti mardi Anne Ancia représentante de l'OMS en RDC, rappelant qu'une précédente épidémie avait duré deux ans.

"L'ampleur de l'épidémie dépendra de la rapidité de notre réponse", a-t-elle ajouté, indiquant que plusieurs tonnes de matériel avaient été acheminées dans les zones touchées par le virus.

Groupe armés

Dans la zone de santé de Rwampara, l'un des foyers de l'épidémie situé dans la province orientale de l'Ituri, "nous sommes déjà à une centaine de cas depuis deux semaines", s'est inquiété mardi un responsable hospitalier qui souhaite conserver l'anonymat.

"Nous n’avions pas de lieu approprié pour faire le triage et isoler les cas suspects", mais "depuis lundi nous recevons des matériels", dit-il.

L'Ituri, province aurifère du nord-est congolais frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, est l'une des plus troublées de la RDC. Des groupes armés y commettent régulièrement des massacres, et entretiennent l'insécurité sur les routes.

Des cas suspects ont été signalés à Butembo, carrefour commercial situé dans la province du Nord-Kivu voisine de l'Ituri, à environ 200 km du foyer de l’épidémie, a indiqué Samuel Roger Kamba.

Le Nord-Kivu est coupé en deux par les lignes de front entre les forces de Kinshasa et celles du groupe armé M23, soutenu par Rwanda, et les combats s'y poursuivent, selon des sources locales.

A Goma, capitale du Nord-Kivu tombée aux mains du M23 en janvier où un premier cas a été confirmé, quelques dizaines de travailleurs munis de pelles et de masques chirurgicaux s'activaient mardi pour rénover un site d'accueil des malades, dont les tentes moisissent depuis la dernière épidémie qui a frappé la région entre 2018 et 2020, et fait près de 2.300 morts.

La RDC, pays classé parmi les plus pauvres au monde, a connu 17 épidémies d'Ebola et possède une grande expérience dans la gestion de cette maladie.

Il n'existe toutefois ni vaccin, ni traitement spécifique pour la souche du virus responsable de la flambée actuelle, appelée Bundibugyo.

Les mesures pour tenter d'endiguer sa propagation reposent donc essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas pour limiter les contacts.

Le médecin congolais et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a exhorté mardi le groupe armé M23 à rouvrir l'aéroport de Goma, hub humanitaire dans l'est de la RDC, afin de faciliter l'acheminement de l'aide.

Contrôles aux frontières

Un cas et un décès ont été enregistrés en Ouganda, selon le gouvernement. Il s'agit de deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC, et aucun foyer d'épidémie local n'a été signalé.

Depuis mardi, Washington "recommande fortement" à ses ressortissants de ne pas se rendre en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud ou en Ouganda, en raison de l'épidémie, portant ainsi au niveau 4, le plus élevé, son alerte aux voyageurs pour ces trois pays.

Washington a également annoncé restreindre temporairement l'attribution de visas pour les étrangers ayant voyagé dans ces zones.

De son côté, l'Allemagne a déclaré mardi qu'elle allait "accueillir et soigner" un médecin missionnaire américain travaillant pour l'ONG chrétienne Serge, "exposé (au virus) en traitant des patients" dans la province de l'Ituri.

L'OMS a annoncé mardi être en train d'examiner quels vaccins candidats et traitements disponibles pourraient être utilisés pour juguler l'épidémie.

Les vaccins anti-Ebola existants ne sont efficaces que contre la souche Zaïre du virus, à l'origine des plus grandes épidémies recensées.

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