Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
7 983.75 PTS
+2.13 %
7 971.0
+1.87 %
SBF 120 PTS
6 036.99
+1.99 %
DAX PTS
23 235.35
+2.45 %
Dow Jones PTS
46 618.93
+0.6 %
23 963.63
+0.94 %
1.162
+0.6 %

Le cerveau en surchauffe, ou quand l'IA submerge l'humain

| AFP | 221 | Aucun vote sur cette news
Trop de lignes de code à analyser, des armées d'assistants d'intelligence artificielle (IA) à recadrer, de longs prompts à rédiger, de nombreux utilisateurs intensifs de l'IA font état de saturation ou de fatigue malgré les promesses de l'outil
Trop de lignes de code à analyser, des armées d'assistants d'intelligence artificielle (IA) à recadrer, de longs prompts à rédiger, de nombreux utilisateurs intensifs de l'IA font état de saturation ou de fatigue malgré les promesses de l'outil ( Kirill KUDRYAVTSEV / AFP/Archives )

Trop de lignes de code à analyser, des armées d'assistants d'intelligence artificielle (IA) à recadrer, de longs prompts à rédiger, de nombreux utilisateurs intensifs de l'IA font état de saturation ou de fatigue malgré les promesses de l'outil.

Les consultants du cabinet Boston Consulting Group (BCG) ont donné un nom au phénomène, le "AI brain fry", le cerveau cuit par l'IA, ou "la fatigue mentale liée à l'utilisation ou la supervision excessives d'outils d'intelligence artificielle, au-delà de nos capacités cognitives".

Après la révolution ChatGPT, en 2022, est arrivée cette année celle des agents IA, qui peuvent effectuer une multitude de tâches sur demande de l'usager, devenu d'un seul coup chef d'orchestre autant que producteur.

"Les gens qui font des burn-out ne font pas qu'utiliser l'IA. Ils créent 100 agents qu'ils doivent gérer en continu", a récemment écrit sur X Tim Norton, du cabinet de conseil en intégration d'intelligence artificielle nouvreLabs.

Beaucoup, dont le BCG, se refusent néanmoins à utiliser le terme burn-out, qui correspond souvent à un état de détresse associé à une perte de motivation. Leur étude auprès de 1.488 professionnels aux Etats-Unis a ainsi montré une baisse du taux de burn-out quand l'IA prend en charge des tâches répétitives.

"C'est un nouveau type de charge mentale", suggère à l'AFP Ben Wigler, cofondateur de la start-up LoveMind AI, qui travaille sur les interactions entre humains et IA. "Avec ces modèles (d'IA), il faut faire du baby-sitting."

Pour l'instant, le "brain fry" se manifeste surtout chez les développeurs informatiques, la programmation étant l'application la plus évidente pour l'IA et ses agents.

"L'ironie cruelle est que le code généré par IA nécessite un examen plus précautionneux que celui écrit par des humains", a décrit l'ingénieur informatique Siddhant Khare sur son blog.

Selon l'étude de BCG, les salariés victimes de "brain fry" font 39% d'erreurs majeures supplémentaires.

"S'en remettre à des centaines de lignes de code écrites par de l'IA, c'est vraiment flippant, parce qu'il y a un risque de failles de sécurité ou simplement de ne pas comprendre tout le programme", abonde Adam Mackintosh, également programmeur dans une entreprise canadienne.

D'autant que, rappelle Ben Wigler, l'activation d'agents coûte très cher en puissance de calcul louée par les fournisseurs d'informatique à distance (cloud). "Si un modèle comprend mal quelque chose (une instruction)" et se lance dans une mission, explique-t-il, "c'est de l'argent jeté par la fenêtre".

"Irritable"

Il dit aussi céder parfois à la tentation d'aller toujours plus loin, à en perdre la notion du temps.

"Beaucoup de créateurs d'entreprises travaillent tard le soir", et "quand vous avez de la productivité à cette échelle (grâce à l'IA), cela incite à rester encore plus tard", dit l'entrepreneur, qui parle de journées finies à 2 ou 3 heures du matin.

Adam Mackintosh se souvient avoir passé 15 heures d'affilée à la mise au point d'une application, avec 25.000 lignes de code à l'arrivée.

"A la fin, je ne pouvais plus coder", raconte-t-il. "J'étais irritable et je ne voulais pas répondre aux questions qu'on me posait sur ma journée."

Un musicien et professeur, qui préfère garder l'anonymat, confesse avoir du mal à décrocher.

"Au lieu de mettre mon cerveau sur pause et de regarder une série à la télé", dit-il, "je vais finir ma soirée à essayer différentes choses avec l'IA."

Il est à noter que toutes les personnes interrogées par l'AFP voient dans l'apport de l'IA un solde nettement positif, malgré les mauvais points.

Dans son étude publiée début mars dans la Harvard Business Review, le BCG recommande à l'encadrement d'une entreprise de fixer des limites claires à l'utilisation et à la supervision pour un employé donné.

"Le fait de prendre soin de soi n'est pas vraiment une valeur qu'on retrouve dans les entreprises américaines", constate Ben Wigler, "donc je suis très sceptique sur le fait que (cette hausse de productivité) soit une bonne chose ou produise un résultat de qualité à long terme."

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du mercredi 25 mars 2026 au mardi 31 mars 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 31/03/2026

L'Etat a finalisé mardi le rachat des activités stratégiques du groupe d'informatique français Atos, spécialisées dans la fabrication de supercalculateurs pour l'intelligence artificielle et…

Publié le 26/03/2026

Des antennes satellites Starlink exposées au salon international de l'électronique grand public, le 31 août 2023 à Berlin ( Odd ANDERSEN / AFP/Archives )Alors que la guerre en Iran est…

Publié le 26/03/2026

Le logo Seedance 2.0, un modèle grand public d'intelligence artificielle (IA) qui permet de générer des vidéos grâce à des instructions textuelles, déployé par le géant technologique…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 01/04/2026

Ce matin, Tokyo a +5,06%, Shanghai +1,32% et Hong Kong +1,97%

Publié le 01/04/2026

(Zonebourse.com) - L'action Unibail-Rodamco-Westfield s'inscrit en forte hausse mercredi à la Bourse de Paris dans le sillage d'un relèvement d'opinion de J.P. Morgan à "surpondérer" contre…

Publié le 01/04/2026

(Zonebourse.com) - K S ne profite pas de la hausse du marché, ni même du changement de recommandation à la hausse de Baader Europe et s'affiche en repli de 0,98%, à 16,14 euros à Francfort.Le…

Publié le 01/04/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

30 ans à vos côtés

300€ de frais de courtage offerts*

Pour l’ouverture ou le transfert d’un compte PEA, ou CTO avant le 20/04/26.

*Voir conditions